Attention au guérisseur de Siquijor : les risques de l’aventure

la visite d'un guérisseur de l'île de Siquijor se termine aux urgences de l'hôpital de Siquijor

Introduction

La visite d’un guérisseur de Siquijor peut-elle être risquée ? À aucun moment, je n’ai considéré la question. Je m’attendais en effet à tout : à ce que le massage du healer fonctionne, à ce qu’il ne me fasse rien du tout … j’étais loin de m’imaginer que le soin allait m’envoyer tout droit … à la case urgences de l’hôpital provincial de Siquijor !

« Par chance, je connaissais déjà l’endroit »

(c’est important de voir la vie du bon côté …)

Vous n’êtes pas encore au courant de notre petite visite aux urgences de l’hôpital provincial de Siquijor ? Si vous voulez faire durer le plaisir de la lecture ? Allez donc jeter un oeil au titre suivant : « à l’hôpital de Siquijor, il y a des chiens »

Mais où ce guérisseur t’a-t-il donc massée ?!?!?

Séance de massage terminée, je plane encore, et je rentre à la maison.
Olive m’accueille avec des questions bizarres.
« Mais qu’est-ce que t’as à te grater ?!…
⁃ Hein ? »
Je suis le regard d’Olive qui fixe mes mains occupées à gratter … ma jupe !

« Ah oui … tiens … c’est vrai ça ! Je ne sais pas …
⁃ Montre une fois, lève un peu ta jupe ? »

N’allez rien imaginer, c’est que c’est en-dessous de ma jupe que ça démangeait : rien de bien scandaleux, sur le haut des cuisses plus précisément.

(c’est important d’être précis dans la vie …)

« Mais !? Tiens !? Il a raison : ça démange !
⁃ Il t’a massé où ce guérisseur ?!??!?!?
⁃ Tedjeu, c’est quoi ça !!?!?! Je suis toute rouge au niveau de l’aine …
⁃ HEIN ? C’était quoi ce massage ? »

J’atterris et me pose exactement les mêmes questions qu’Olive ! On jacasse chacun de notre côté. Les mêmes questions dans la tête.
Je creuse mes souvenirs. Ils devraient être frais pourtant, mais revenir du monde des bisounours ça brouille les pistes …

Je rassure le Zozo, je me rassure par la même occasion : il ne m’a pas massée là.

Mais alors ? …

Ça n’arrête pas de grater et, dans la foulée, j’ai la sensation que c’est tout mon corps qui démange.

J’ai d’abord pensé aux bébêtes ! Il n’y avait peut-être pas que des humains en nombre dans la salle d’attente slash salle de consultation slash salon slash que sais-je encore … Le matelas est un asile délicieux pour les bébêtes de l’infiniment petit.

Et en y repensant bien …
… je n’ai pas eu l’impression qu’il ait changé le drap du matelas de fortune avant mon soin …
… y avait-il un drap, d’ailleurs ?!?!?!?!?!

Sur fond de réflexions, je me gratte.

Il y a d’abord eu les petites rougeurs localisées. Au niveau des glandes lymphatiques. Je ne savais d’ailleurs pas qu’il y en avait autant éparpillées dans tout le corps. Intéressant.
Mais docteur Google m’a rassurée.

Ensuite, les démangeaisons se sont intensifiées.
Doctissimo s’en est mêlé mais ne m’a pas beaucoup plus alarmée.
Puis il y a eu une gêne. Au niveau du sternum. Elle est apparue la nuit, et …
la nuit …
c’est plus fâcheux : les diagnostics de doc Google et confrère Doctissimo paraissent tout de suite moins rassurants …

Il y a eu une premier nuit.
Même mon cerveau s’en est mêlé « et si les esprits n’avaient pas aimé ce que Lolo le hilot leur avait susurré ?! »

Mais heureusement le jour est enfin arrivé – c’est important le jour, pour la pensée positive
Et le cerveau a repris un fonctionnement moins paranoïaque, et surtout plus censé :

« L’HUILE !
Je me disais bien.
Qu’il en mettait beaucoup …
Et qu’elle sentait la forêt tropicale ! »
Et si Lolo avait coupé au hasard dans un tas de plantes ?!? 😦
Et si cela faisait DES MOIS qu’elles infusaient dans l’huile de massage ?!?!?!! 😱 …

Et si … et si …
Je m’en suis posée des questions
J’en ai posées au Zozo, au doc du coin, à Siri et à Alexa, à maître Google et confrères de la toile … aucune des hypothèses ne calmait mon esprit.

La seule certitude dans cette histoire de guérisseur, je l’ai eue à minuit de la deuxième nuit.
« En photo », j’étais éligible pour l’élection du cliché le plus dégueulasse que Google images puisse proposer à la requête « dermatite de contact violente », « urticaire aiguë » ou encore « urticaire géante ».

Vous voyez ce dont je veux parler ? … ces horripilantes photos qui s’invitent sur votre écran lorsque vous appelez le maître connecté …

Pour situer dans la contexte : la deuxième nuit, aux alentours de minuit, je somnolais déjà
Léa se réveille
Un mauvais rêve
Je la prends dans les bras, elle gémit, elle se rendort contre mon cou et mon visage … qui me procurent une drôle de sensation
J’ai chaud, ça grate, ça tire
Le cauchemar de Léa s’arrête.
Le nôtre commence …

Lorsque je demande à Olive de regarder mon visage, je lis dans ses yeux que quelque chose ne va pas
J’ose alors me regarder dans la glace, et ce que je vois est dégoûtant

L’urgence n’est pas une belle sensation : Léa dort, l’hôpital est loin, les aléas de la saison des pluies peuvent s’inviter à tout moment, y a-t-il assez d’essence dans le réservoir de la mobylette ?! On comprendra plus tard les mots d’Ana « when you live in the Philippines, you cannot live alone, you need your family, or your neighbours ». C’est cette histoire du « Bayanihan »

Heureusement les voisins sont là
Heureusement il y aura assez d’essence, pour qu’Olive fasse l’aller-retour, à la goutte près – sans mentir.
Heureusement, la nuit est douce et le ciel dégagé
C’en est presque sympa de sillonner la highway sans personne, plus vite qu’à l’habitude, un vent délicieux sur la figure
Heureusement, les infirmières des urgences trouvent FINALEMENT ma veine après six essais : entre nous, je préfère la version « jamais deux sans trois »

Et, finalement …
Sur le coup des 3 heures du matin …
Sur un lit d’appoint des urgences de l’hôpital de Siquijor …
Bercée par le bourdonnement des moustiques nocturnes
Je plane
(Décidément !)
Et je sombre
FINALEMENT !
Sans même avoir le temps de me questionner sur la probabilité que les moustiques aient picoré un patient atteint de dengue ou je ne sais quelle autre maladie moustiquement transmissible avant moi … heureusement.

Je me réveille le lendemain à l’aube. Lorsque les urgences sont situées sur le parking extérieur de l’hôpital, on se réveille avec les éléments … et les moustiques voraces !
Je regarde autour de moi : je suis la seule patiente, les internes de service somnolent la tête sur leur bureau.
À ma droite : un chien roupille, en boule au pied de mon lit d’appoint. Ah c’est vrai ! Les chiens de l’hôpital !

Je ne suis pas au top de ma forme.
Mais au moins : je ne suis momentanément plus éligible au concours Google images.
Et … tiens donc : je n’ai plus mal au dos !
Ça alors !

ET SI LE GUÉRISSEUR …

(Sacré cortisone, dira le zozo)

Morale de l’histoire : amenez votre propre huile si un jour vous visitez un healer de Siquijor ou d’ailleurs, car comme ma petite voisine m’a dit : on a une peau de riches. – (Dommage en passant que ce ne soit que la peau ;))

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